Interprétation de la dénomination de la norme RDF
Comme son nom l'indique, la recommandation RDF définit une plateforme de description de ressources.
Si cela paraît simple, cette page n'est peut-être pas utile, surtout une fois lue... Elle vise - sans l'atteindre sans doute comme d'autres - une lucidité accrue de l'action en s'arrêtant un moment sur les notions qui la guident...
Que faut-il entendre par ressource ?
C'est le point le plus délicat à l'heure actuelle : si on commence par se pencher sur le concept le plus concret -
les ressources - l'examen du texte même de la norme ne permet pas de le sortir de sa généralité habituelle :
quelque chose digne d'intérêt pour quelque raison que ce soit. Même si à de multiples occasions, le mot ressource est appliqué à
toute forme de contenu du web, la porte semble avoir toujours été laissée ouverte pour une extension aux
ressources extérieures au web.
- Pour marquer cette incertitude de fond, on pourrait dire que ce terme vague n'a été tiré des limbes que pour former un acronyme de trois lettres et qu'il aurait pu être aussi bien supprimé ou remplacé par exemple par un adjectif comme dans "plateforme de description universelle".
Pour ajouter la complexité à cette indétermination, la norme dans sa rédaction mêle parfois jusque dans la même phrase le sens ordinaire et le sens restreint qu'elle donne au mot ressource dans son formalisme.
- La page Concepts et termes de base se termine par une récapitulation des informations concernant ce terme dans la recommandation de 1999. Elle se termine sur l'idée que c'est la norme qui fait la ressource, qui lui donne une consistance informatique, contredisant le mouvement naturel qui voit la ressource comme préexistante à sa valorisation par la norme.
Heureusement, la pratique dans ses diverses modalités donnera sens à cette notion évasive.
Contenu effectif de "définition"
Une fois provisoirement évacuée la question de savoir à quel objet est destiné la norme, l'horizon retrouve une largeur qu'il n'aurait peut-être jamais du perdre. Il est ainsi plus facile de se concentrer sur le terme central -
la description - en lui laissant son sens ordinaire qu'il n'est pas besoin de préciser.
- La norme présente dans son introduction les enjeux du type de description en question - on parle en fait de modèle et non de type. Il s'agit pour l'essentiel que tout le monde puisse communiquer avec le minimum d'ambiguïté et que les ordinateur puissent y apporter leur concours au lieu d'ajouter à la confusion comme actuellement. On peut inverser dans cette dernière phrase les mots "monde" et "ordinateurs". La page Bases de la conception présente un extrait ordonné de la norme elle-même du point de vue de son origine.
Cette fois, c'est en pratique, que le terme semble utilisé au-delà de sa pure signification. L'idée que c'est la norme qui fait la ressource, trouve son expression ici dans le constat qu'il s'agit d'une certaine façon plus d'une
définition que d'une
description : la volonté d'éradiquer l'ambivalence tire la description vers la spécification formelle. Une ressource est secondairement un élément du réel et pour l'essentiel est le sujet d'une
désignation et d'une forme de définition. Symbolisons cela par l'idée des "Trois D" :
désignation - définition - description.
Enfin, le terme
"plateforme" représente bien l'aspect
structure de base propre au lancement de multiples développements. Plus concrètement, il s'apparente à la notion de
cadre : ce qui autorise un certain ordre sans pour autant altérer l'expression. Le W3C promet lui-même divers prolongements à la base du standard ; prolongements qui apparaissent aussi avec sa complémentarité avec la norme concernant les ontologies.
- Nous avons donc à faire en définitive à un "cadre général de définition et de description" avec toute l'indétermination souhaitable...
La conclusion de cet examen de la dénomination de la norme RDF est d'inviter à un double pragmatisme :
pragmatisme ou absence de préjugé sur les aboutissements de sa mise en oeuvre et
pragmatisme ou absence de rigorisme sur les modalités pratiques dans ses divers usages envisageables.
- La norme RDF est un arbuste aux racines profondes : ses fruits n'auront peut-être pas toujours la consistance et la saveur attendus, mais il ne sera pas improductif et dans le pire des cas, il pourrait s'avérer un excellent porte-greffe.
Ce futur prometteur et ce présent teinté de circonspection devraient donc encourager chacun à son
exploration méthodique et à son appropriation pour ses besoins particuliers présents ou futurs.
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HerveTigier 18 février 2004